Opening Ceremony & premier jour
Nos recherches artistiques et nos enquêtes autour des Cafés en Corée du Sud ont commencé non pas à Séoul, mais à Busan, seconde plus grande ville du pays et la plus importante cité portuaire. Une bonne idée ? Certainement quand on sait que cette ville compte également un musée dédié au café !
PopGraine était invitée sur l’ensemble de la programmation du 11ème festival Busan International Comedy Festival pour 10 jours de festivités. Ce festival est le premier et le plus grand festival dédié à la comédie en Asie. Les plus grands comédiens, humoristes corréens et internationaux comme les plus célèbres youtubeurs de Corée étaient présents. Nous avons assisté aux spectacles dès la cérémonie d’ouverture aux côtés des plus grands festivals internationaux. Sans pression. Cette cérémonie comptait notamment des extraits d’un certain nombres de représentations à laquelle nous allions pouvoir assister les jours suivants, sans même parler du nombre d’artistes que nous allions pouvoir découvrir en une soirée : le chanteur japonais Danaka, les danseurs Painters, le duo français Living Cartoon Duet, les mîmes japonais Gabez, l’australien Tom Walker et les circassiens suisses Family Circus (Duo Full House). La cérémonie d’ouverture s’est poursuivie par un buffet qui nous a permis de discuter avec quelques artistes, des membres du staff, et quelques responsables des festivals internationaux présents, l’occasion de faire un peu de networking et de présenter notre projet.
Le premier spectacle auquel nous avons pu assister est la raison de notre venue ici : Living Cartoon Duet, un cartoon-concert avec les artistes Camille Pelep et Sophie Lavallée, qui se joue en français, en allemand et en anglais. Elles vous emmènent à Hollywood dans la sphère de création des films d’animation et retrace toute l’histoire de cet art qui se développe au cours des années 20-30. En image, au piano et avec effets sonores, elles incarnent devant vous et font vivre Betty Boop, Walt Disney ou Félix le Chat, projetés sur écran.
Peu de monde dans la salle pour cette représentation en anglais, et pourtant les rires d’une enfant se font entendre, preuve irréfutable que le spectacle vivant peut s’affranchir des barrières de la langue. Discuter de ce spectacle de conception européenne, avec des Corréens, après la représentation c’est avéré extrêmement enrichissant. En effet, nous concernant le timing entre les tableaux étaient absolument parfait, sans longueur et s’enchaîné. Pour notre interlocuteur, ce n’était pas la même chose, il nous a raconté qu’il avait demandé aux artistes de raccourcir certains passages pour convenir d’avantage au public visé et même avec ces coupes, il trouvait encore qu’il y avait trop de longueur pour eux dans les adresses directes au public et que les spectateurs risquaient de perdre le fil de l’histoire rapidement, peu habitués aux créations scéniques occidentales.
Les représentations Corréennes que nous avons pu voir par la suite ont effectivement rejoints son point de vue. Nous développerons ceci un peu plus tard.
Des spectacles de rue prennent places autour du KNN Theater et du Busan Cinema Center pour divertir la population entre les représentations officielles, une occasion en or pour divertir les plus jeunes et leur permettre un premier accès au spectacle vivant.
Notre journée se poursuit par le spectacle des mîmes japonais Gabez, avec MASA et HITOSHI pour une représentation de The Pictogram Sequence joué à la Cérémonie d’Ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Le duo Gabez crée une performance non-verbale « Pantomime Comedy ». Les artistes jouent différents personnages comiques pour faire rire le public, le surprendre, parfois le faire crier. Lorsque HITOSHI s’aventure parmi les spectateurs pour retrouver MASA qui s’y cache, c’est l’occasion pour les plus jeunes de l’aider à débusquer son comparse, alors qu’aucun ne parle la langue de l’autre 😉 C’est une véritable comédie physique, amusante, pour tous les âges. Chacun y trouvera son compte.
C’est avec un véritable plaisir après que nous découvrons des artistes extrêmement proches du public venu les voir. Ils sortent aussitôt la représentation terminée pour prendre des photos, discuter, c’est un peu comme si le show continuait en dehors de la scène.
Nous avons une heure de battement ensuite entre la fin de ce spectacle et le début du suivant. C’est parti pour une pause-café et la visite des locaux du BICF avant de retourner au théâtre pour discuter avec l’artiste suivant, Tom Walker. Il répète lorsque nous arrivons à la salle. Nous faisons alors la connaissance d’un artiste australien profondément humble, plein d’humour, attentif à ce qui l’entoure et attentionné. Il offre à chaque spectateur arrivant de quoi se rafraichir (il ne faut pas oublier qu’il y a présentement autour de 36° à l’extérieur) et grignoter. Le public est surpris mais touché de l’attention. C’est une parfaite introduction pour les mettre à l’aise. Son spectacle Very Very n’est pas autorisé au mineur (tout du moins ici à Busan), il serait probablement déconseillé au moins de 15 ans en Europe, en raison de certaines allusions sexuelles. Mais quel humoriste n’en a pas dans son spectacle ? Bien qu’ici, il n’y aurait pas de mots prononcés seulement des gestes puisque Very Very est un spectacle de mime. Ce qui est franchement arrangeant dans un contexte international, les mots ne sont pas nécessaires. Oui oui c’est un spectacle de mime et pourtant il interpelle régulièrement les spectateurs sur certain sketch et en profite pour tester lesquels il peut librement jouer sans choquer son audience en raison des différences culturelles. Un spectacle complètement adaptable au public finalement ! L’humour noire et sarcastique est au rendez-vous, nous avons beaucoup ri, les spectateurs également.

Cette première journée s’est terminée avec un BBQ Corréen avec toutes les équipes artistiques internationales du jour, véritable moment de convivialité.




















